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​CONCOURS DU NOUVEAU CENTRE D’ESSAIS ET DE RECHERCHES AGRICOLES À GRANGE VERNEY, MOUDON

CONCOURS 2026
Publication Espazium 2026

MAITRE D’OUVRAGE

Etat de Vaud – DGIP

Implanté dans la vallée de la Broye, le site de Grange-Verney s’inscrit dans un paysage agricole ouvert, en dialogue direct avec la lisière forestière et les grandes cultures environnantes. Le projet du nouveau centre d’essais et de recherches agricoles prend appui sur cette condition territoriale pour proposer une lecture renouvelée du domaine, où le paysage devient l’interface entre production, recherche, pédagogie et accueil du public.

 Depuis l’avenue de Bussy, l’accès au nouveau pôle pour le public s’effectue en empruntant l’allée historique, dont le gabarit est requalifié depuis sa partie médiane afin de pérenniser les flux piétons grâce à un cheminement latéral ombragé, distinct des circulations motorisées. À l’extrémité de l’allée, les visiteurs se dirigent vers la cour historique de l’ancien domaine. Un accès secondaire complète le dispositif au nord du site depuis la route de Moudon pour les usagers des ateliers, les engins agricoles et les véhicules de logistiques du nouveau centre d’exploitation agricole.

 Inscris sur le plateau supérieur, à l’extrémité est du site, le nouveau pôle s’organise autour de trois dynamiques fondatrices : produire, transmettre et expérimenter. La composition prend la forme d’un volume triangulaire affirmé, figure identitaire marquant l’aboutissement de l’allée principale et signal visible dans le grand paysage agricole. Sa géométrie permet d’articuler naturellement les nouvelles infrastructures avec les ateliers existants, la ferme à pont, la maison de maître et la cour, tout en préservant le véritable cœur spatial et patrimonial du domaine.

 

Illustration © Onirisim

Informations détaillées

Le projet s’inscrit dans un corps de bâtiments dont le jeu des toitures forme un objet unitaire organisé sur deux niveaux. L’aménagement des césures en plan marquent les distinctions entre les fonctions. Le rez inférieur est partiellement enterré sur la façade nord tandis que le rez supérieur est composé d’un assemblage de toitures à deux pans formant de généreux avant-toits qui entrent en résonance avec les bâtiments voisins et le langage agricole régional. Depuis le ciel, l’ouvrage révèle au centre deux cours supérieures qui enrichissent les usages et facilitent les manœuvres des engins agricoles.

Chacune des trois façades entretient une relation spécifique avec son environnement. La première reprend le front bâti de la grange déconstruite et clôt la séquence d’arrivée depuis l’entrée du site, offrant un fond scénique fort aux bâtiments existants. Cette façade affirme un espace piéton apaisé, protégé des nuisances mécaniques liées à l’exploitation. La deuxième dialogue avec la lisière forestière et la topographie incliné vers le Riau Grésin, permettant un accès naturel au niveau supérieur du bâtiment. La troisième s’ouvre largement sur le territoire agricole, accompagne l’accès aux champs et oriente idéalement les espaces dédiés aux bovins, tout en affirmant la présence du projet depuis la route de Berne.

L’organisation des flux structure le fonctionnement général du site et garantit une répartition claire des usages à l’échelle de l’ensemble du périmètre. Les différentes poches de stationnement permettent de hiérarchiser naturellement les accès selon les profils d’usagers et les polarités du projet. Le stationnement du pôle théorique concentre les accès des élèves et des enseignants et distribue directement les liaisons vers les salles de classe, les internats ainsi que vers le principal pôle d’attractivité du site : la terrasse des étudiants. Véritable espace de pause et de rencontre, cette dernière bénéficie d’une situation privilégiée surplombant la vallée de la Broye.

À proximité des ateliers, les stationnements du pôle pratique sont maintenus afin d’assurer une connexion directe avec les espaces d’enseignement intégrés au nouveau bâtiment. Cette organisation permet aux élèves et aux enseignants de rejoindre rapidement les ateliers tout en profitant d’un cœur de site largement apaisé, composé d’espaces de pause et de détente protégés des flux motorisés.

Les stationnements publics prennent place à l’interface entre les deux pôles et invitent naturellement les visiteurs à converger vers la placette centrale, véritable noyau des aménagements paysagers. Celle-ci distribue les différentes entités du site et permet notamment d’accéder aux vitrines installées dans la ferme à pont, où sont valorisés les produits frais et locaux issus du domaine.

Le regroupement du programme du nouveau pôle pratique dans un ouvrage global permet de contenir les flux des engins agricoles et les nuisances à l’intérieur du bâtiment et conduit à une sécurité amélioré aux abords.

L’ensemble des flux est ainsi pensé afin d’harmoniser le fonctionnement général du site, de sécuriser les déplacements et de garantir une cohérence d’ensemble, où chaque espace trouve sa place et son usage à l’échelle du projet.

Les piétons entrent dans le bâtiment par la façade côté placette. Deux noyaux de circulation verticale assurent les déplacements entre les niveaux et se situent à proximité des espaces d’enseignement, de pratique et de pause.

 

Les engins circulent au niveau inférieur par la façade nord, traversent et stationnent au centre du bâtiment avant de ressortir côté champs. L’accès au niveau supérieur s’effectue grâce à une rampe intégrée au terrain naturel. La cour supérieure offre des dimensions suffisantes pour accueillir les exercices de manœuvre qui sont propices à l’observation, l’aire de rinçage, le stockage du fourrage ainsi que l’accès aux ateliers de mécanique.

 

Les espaces dédiés aux bovins prennent place au niveau inférieur selon des orientations favorables sud-est et sud-ouest. La fourragère distribue les deux groupes séparément. Les locaux de laiterie, de soins ainsi que la trémie destinée à la distribution du fourrage au moyen de la griffe motorisée sont disposés entre les deux étables et participent à la séparation des fonctions sur l’angle du bâtiment. Le stockage et le séchage du foin et de la paille sont aménagés au-dessus des bovins.

Les porcins prennent place sur la cour supérieure, orientés à l’opposé des bovins et sur un niveau séparé afin de garantir la sécurité sanitaire entre espèces. Leur proximité avec la lisière forestière leur permet de bénéficier d’un espace extérieur répondant aux critères d’un élevage Wiesenschwein.

La compostière est située sous la porcherie afin de maîtriser les aléas climatiques liés à la production du compost, de concentrer les nuisances olfactives à l’arrière du bâtiment et de participer au préchauffage hivernal des boxes porcins.

La structure porteuse est composée de planchers mixtes bois-terre, de sommiers, de fermes en ciseaux, de chevrons et de poteaux en bois lamellé-collé. Une attention particulière est portée à l’utilisation de bois bostryché issu de forêts locales impactées (Forêts Cerjaule, Signal de Planche), permettant de transformer une ressource déclassée en matériau de construction à haute valeur ajoutée.

Dans une logique de réemploi, le bois provenant de la déconstruction des bâtiments existants est intégré au projet en lattage et en ossature de façade. Un inventaire précis des sections disponibles sera réalisé aux prémices de l’avant-projet afin d’optimiser leur réutilisation. Le complément en bois d’œuvre est issu, en priorité, des forêts locales ou, à défaut, certifié bois suisse.

Les planchers bois-terre, de type hourdis, participent à une approche circulaire des matériaux. Les terres excavées du site sont revalorisées via une filière de transformation à proximité pour être réintégrées dans des éléments constructifs en terre crue. Ce principe est étendu à des apports extérieurs, permettant d’inscrire le projet dans un cycle de matière élargi. La préfabrication en atelier garantit précision, qualité et réduction des nuisances de chantier. 

La trame structurelle de 9 × 9 m définit le système porteur et l’organisation des espaces. Elle assure la modularité, la réversibilité des usages et la reproductibilité du système constructif. Les éléments non porteurs permettent une grande flexibilité d’aménagement dans le temps.

Ponctuellement, le recours au béton armé recyclé est limité aux zones à fortes sollicitations, notamment au rez-de-chaussée sous les circulations de véhicule de maintenance et pour les éléments de stabilité (cages d’escaliers, murs de la compostière). L’approvisionnement en béton recyclé s’appuie sur des filières locales, limitant les impacts liés au transport telles que les entreprises BGO sa à Vufflens-la-ville ou GDM sa à Savigny, toutes deux situées à moins de 50 km du site.

 

Les fermes en ciseaux de toiture permettent de franchir de grandes portées tout en libérant les plateaux, renforçant ainsi la capacité d’adaptation du bâtiment à l’étage.